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EDOUARD NENEZ ET LES PRINCES DE BRETAGNE
Chou-Fleur Nucléaire
Il faut absolument organiser un festival des pires groupes
du monde.
Dans le Nord, il y aurait les imbattables saloperies
de Cora (près de cent albums inécoutables au compteur).
Mais il faut aujourd'hui compter avec les ex-bretons parigots Êdouard Nenez
et les Princes de Bretagne,
à qui je ferai volontiers une belle place le même soir. Edouard Nenez (ex
Franz Kultur et les Kramés) et ses Princes de Bretagne, Roland Derneau et
Oscar Antec, sont, comme dans Cora, trois petits cochons.
"Gloire à Édouard", se revendiquant chanteur enveloppé comme ses confrères
nordistes.
Gloire à ce disque où le chou-fleur de la pochette se travestit en champignon
nucléaire.
Gloire à cet extrême mauvais goût sans cesse revendiqué et à ces groins sur
les tronches.
Où l'on apprend comment avec l'Amoco et l'Erika "les goélands, les têtes raides
et les fous de Bassan, on pataugeait dans le carburant". Où l'on comprend
que ces Princes de Bretagne se rêvent rois des Belgicains.
Où, dans la lignée maudite des Bidochons et autres Malpolis, l'on se fourvoie
dans de fortiches pastiches du latino au rock,
du punk au traditionnel, de "Soda" à "I wanna be your pig". Où l'on sait enfin
toute la vérité sur "Le Maniaque de Loudéac". Où l'on entend proférer des
"Hénaff, salaud, les porcs auront ta peau", des "God save the pig" et autres
spéciales dédicaces à tous les rasta men et tous les kouign amann. Avant la
parade techno en final où tous les artistes du cirque viennent saluer.
Vous l'aurez compris, c'est consternant. On ne sort pas du lisier, vraiment.
Et on ne peut pas comprendre pourquoi ne figure pas ici une adaptation de
"Porcherie ! " de Bérurier Noir .
Et quand je pense qu'un jour mon prince viendra... Alias • Auto production. |
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EDOUARD NENEZ et les PRINCES DE BRETAGNE "chou-fleur nucléaire"
CD autoproduction - 2001 chronique par Steph
La-men-ta-ble.
Dire qu'il y a des gens pour produire des disques de cet
acabit, au 21ème siècle.
On croyait être définitivement à l'abri des surprises de ce genre,
le paysage musical semblait pourtant complètement et irrémédiablement formaté
de façon à ne plus laisser passer
que des groupes à gros son, pensés dès leur création pour satisfaire un public
bien délimité et assurer aux labels des dividendes, aux programmateurs radio
un matériau audio de (non)-qualité constante, et aux chroniqueurs fainéants
une relative facilité à pisser de la copie au kilomètre. Las ! Edouard Nenez,
non content de s'affubler d'un pseudonyme ridicule (comme ses acolytes Oscar
Antec et Roland Derneau... on n'échappe à rien sur ce disque je vous dis),
renoue avec l'esprit artisanal et bric-à-brac du punk humoristique des années
80. Que voulez-vous qu'on vous dise de ÇA ? Comment une musique (passez-moi
l'approximation) (merci, c'est gentil) flirtant tour à tour avec Ludwig, Warum
Joe, et les pires heures de la variété française pourrait-elle marquer un
seul instant notre jeunesse bien comme il faut, élevée au Deftones trempé
dans le Cranberries assaisonné au Daft Punk ? A m'n'avis, y'a que les vieux
et les paumés comme moi pour apprécier le goût sauvage de ce "chanteur à bourrelets"
(cf. le titre "Gloire à Edouard"). Plus personne, à part ces trois tordus,
n'oserait même envisager de nommer une chanson "Fidel Gastro" (texte à l'avenant,
réservé aux amateurs d'hümöür jaune devant et marron derrière) ou "Marshall
hombre"... De toute façon, le premier titre ("Le", 38 secondes) suffira à
faire fuir les fans de belle musique normalement constitués. Les autres pourront
par contre retrouver le 5e ("Roi"), le 9e ("Des"), et le 13e ("Belgicains")
pour contempler en un raccourci saisissant l'oeuvre immortelle, quoique légèrement
invendable, d'un humour douteux bien qu'irrésistible, d'Edouard Nenez et ses
Princes de Bretagne... Aux amateurs de reprises respectueuses, je recommanderais
"Antigel" (exécution du "Nigel" de XTC, mais façon Larzac fatigué), "Cochon
qui s'en dédit" ("I wanna be your dog", version charcutaille avariée) ou "Soda"
(massacre d'un truc de Cesaria Evora qui vous guérira à tout jamais des musiques
mélancoliques et langoureuses). Le clou de ces 16, voire 17 ou 18 titres,
c'est le "Maniaque de Loudéac", navrante ritournelle traditionnelle bretonne
narrant les exploits du maniaque circulant en mobylette pour mettre la main
au cul des passantes... Dit comme ça c'est très con, donc fallait oser en
faire une chanson - la réussir constitue un exploit égalant Hendrix cramant
sa gratte, ou Vicious en Sinatra défoncé... Bref, lamentable, cet Edouard
Nenez, donc extrêmement jouissif pour mes oreilles. Je mets A+ et décerne
définitivement le titre de disque de la décennie, ça vous apprendra ! ©op©op©opy
2002 Plus Rien / ap2c / chpunk |
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La mode du rock festif a accouché ces dernières années
d'un sacré paquet de groupes, plus ou moins rock, et plus ou moins festif.
Edouard Nenez ne fait partie de cette plèbe gluante. Edouard Nenez est
prince de Bretagne, et se rêve Roi des Belgicains. Edouard Nenez n'est
pas festif, il est dingue ! Il promène ses bourrelets, son groin de cochon
et ses jeux de mots sur un album inconséquent, mais indispensable. Dans
un rock fébrile, parfois approximatif, parfois accordéonesque, parfois
technoïde, les improbables princes d'une bretagne hébergée entre le hall
de de la gare Montparnasse et la créperie chez Monique profitent que de
pauvres auditeurs leur tendent l'oreille pour raconter la vraie histoire
de l'amoco, conspuer les pâtés Hénaff, ou nous narrer la navrante aventure
du maniaque de Loudéac. Certes, si vous avez autant d'humour que Miss
Tatcher les mauvais jours, vous n'aimerez pas du tout ce disque. Mais
sinon, si vous prenez le métro, avec cette galette nucléaire dans votre
mange-disque portatif, vous aurez bien plus que votre minute quotidienne
obligatoire de rire et de bonne musique ! Gloire à Edouard ! |
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Edouard Nenez et les princes de Bretagne : "Chou-fleur nucléaire"
Enfin, enfin ! Cet Edouard là on l'aime depuis des années. Le malheur, c'est
qu'aucun enregistrement digne de ce nom n'ait permijusqu'à présent d'écouter
pour de vrai le fameux "chanteur à bourrelets".
On aimait le présenter comme le Bourvil du rock. Mais il est aussi le Fernandel
du punk,
le Jacques Brel de la gaudriole française, le Fernand Raynaud de la chanson
à texte.
Qui osera soupeser le poids de ses finesses verbales et poétiques d'une main
?
On a bien vu des sexagénaires reprendre en choeur, bras levés : "Hénaff, salauds,
les porcs auront ta peau !"
Mais ceci n'est qu'une anecdote. "Le pauvre hère du RER" ose "Skakalin", "Fidel
gastro"
et "Pété l'Amoco". La mise en forme musicale assure une conduite cinématographique
bourrée d'effets
et de trucages conséquents pour atterrir sur un final technoïde déjanté en
forme de pot-pourri.
Une vision du phénomène quintette en concert donne la dimension "Bérurier
Noir"
au versant hard-core de la chose.
Et les bourrelets, Edouard n'hésite jamais à les montrer. C'est du "pour de
vrai"... Joyeux et sans complexe.
Marc Sapolin |
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